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Avenue de
Groupe de réflexion et de soutien politique
Jusqu'au 12 mars, ce blog votait Villepin. Désormais, ce blog votera pour ...


"Le bon candidat est celui qui réunit au moins trois conditions : un candidat doit être porteur d'un projet qui réponde aux besoins actuels de la France; avoir la capacité, la volonté, le talent d'agir et de mettre en œuvre ce projet; pouvoir compter sur une majorité stable et solidaire." Valéry Giscard d'Estaing, le 16 avril 2007
"Nous qui allons écrire cette page qui vient de notre histoire nationale, nous allons, en effet, faire rimer France avec croissance, France avec confiance, France avec assurance, France avec chance. Nous allons faire rimer France avec espérance." François Bayrou, 18 avril 2007
François Bayrou, 18 avril 2007
"La France, comme elle est devenue, ne nous convient pas. La France, comme ils l'ont laissée devenir, depuis des décennies, car la France de l'histoire, la France de notre conviction républicaine, la France qui veut être un modèle pour les générations et pour le monde, cette France-là nous convient très bien et nous n'avons pas besoin de multiplier les drapeaux tricolores. Nous n'avons pas besoin de ministère de l'Identité nationale pour dire que c'est cette France que nous aimons (...).
Tous ces hommes politiques épuisés, tous ces familiers du pouvoir et de ses avantages, tout ceux que le peuple français ne supporte plus leur entendre donner des leçons, toujours condescendants, eux qui savent et qui, naturellement, parlent au peuple qui est censé ne pas savoir (...)."
Louis Aragon dans la rose et le réséda :
"Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats, c'est la France.
Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, tous les deux adoraient la belle prisonnière des soldats. Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas ? Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n'y croyait pas ? Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas, que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y déroba, celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas.
Tous les deux étaient fidèles des lèvres, du cœur, des bras, et tous deux disaient : qu'elle vive et qui vivra verra ! "...
Vous savez à qui ce poème est dédié ? Écoutez bien, il est dédié à quatre jeunes hommes qui sont morts fusillés. Ce poème est dédié à Gabriel Péri, député communiste, fusillé en 1941. Il est dédié à Honoré d'Etienne d'Orves, Action française, nationaliste, fusillé. Il est dédié à Guy Moquet, jeune lycéen de dix sept ans, communiste, fusillé et, enfin, il est dédié à notre camarade Gilbert Dru, philosophe, étudiant philosophe de vingt-quatre ans, chrétien, fusillé le 27 juillet 1944, place Bellecourt, à Lyon.
Lu sur le Blackblog
"Les spartakistes du PS vont voter Bayrou, les Fourriéristes, les socialistes
romantiques, ceux du Languedoc, les anarchistes de droite, les caissières de
supermarchés, les ouvriers avec des patrons japonais, les nihilistes, les
anciens rockers, les écrivains de SF, les hommes de bonne volonté, ceux sans
qualités,les emmerdeurs aussi, les fils du chaos, les fous, les alcooliques
mondains, les catholiques du futur antérieur, les athées, les agnostiques,
les néo cathares, les royalistes tendance Henri IV, les bonapartistes, la
noblesse d'Empire, les aristocrates, les libertins, les acteurs et actrices
pornos, les bloggeurs, les hommes et les femmes de meetic, les
contrebandiers des Pyrénées, le grand banditisme, les vampires, les goths et
les vrais communistes, les jolies filles, les beaux garçons, les femmes au
foyer, les branleurs et même Rr ou Aldo.
Bayrou c'est l'aventure c'est l'aventure, c'est le spécialiste de la clarté
dans la confusion !
Bayrou c'est que la fête commence !"
L'économiste Patrick Artus renvoie M. Sarkozy et Mme Royal à leur copie
LE MONDE | 14.02.07 | 11h58
Comment définiriez-vous le programme de Ségolène Royal?
Le pacte présidentiel de Mme Royal est surprenant. La candidate commence par dire que, pour relancer la croissance, il faut stimuler la création d'entreprises ou encore soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et accroître l'efficacité de la dépense publique. On ne peut que souscrire à cette idée, mais rien n'est fait en ce sens dans son programme. Il comporte quelques bonnes mesures, comme l'idée de réserver une part des marchés publics aux PME, de favoriser le cumul emploi-revenu d'inactivité ou de créer un service public de caution, mais il avance aussi des mesures infaisables ou dangereuses, et comporte des trous béants sur la fiscalité, le vieillissement et la protection social vous inspirent ses propositions salariales ?
Le smic à 1500 euros va alourdir de 25 % le coût du travail peu qualifié. Les entreprises préféreront licencier, et nous aurons plusieurs centaines de milliers de chômeurs supplémentaires en deux ans. Plus d'une centaine d'études micro-économiques ont établi que la hausse du smic détruit des emplois non qualifiés. Les ignorer est scandaleux. Quant à l'idée d'une conférence annuelle sur les salaires, qui date des années 1960, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Comment voulez-vous mettre autour de la même table de négociations, l'automobile qui se meurt et les entreprises pétrolières qui ne savent pas que faire de leur argent ? Le bon niveau de négociation, c'est la branche.
Faut-il conditionner les aides publiques à l'engagement de ne pas licencier? C'est le type même de mesure qui vise les grands groupes, mais sera sans effet sur eux, et risque de se retourner contre les PME qui ne peuvent pas gérer la localisation de leurs profits, de leurs capacités. La proposition de faire du contrat à durée indéterminée (CDI) la règle risque d'avoir le même effet.
D'une manière générale, certaines des propositions de Mme Royal entrent dans la catégorie du "généreux mais pas possible", par exemple, la revalorisation des petites retraites, sauf à dire qu'on la financera en allongeant la durée de travail et de cotisation des fonctionnaires, et d'autres témoignent d'une méconnaissance des dossiers. Proposer la création de 120000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A n'a pas de sens. La Caisse des dépôts a un excès de ressources par rapport aux possibilités de construction de logements sociaux. Le problème, c'est le foncier. Quant à la notion de "logement vacant spéculatif", je ne sais pas ce que c'est… Et comment résumeriez-vous le programme de son principal adversaire?
Il se résume en une phrase : "Je donne du pouvoir d'achat" . Mais Nicolas Sarkozy le fait en multipliant les exonérations fiscales au risque de gâcher l'argent public ou de créer des distorsions néfastes à la croissance et à son renforcement. Il comporte des mesures intéressantes, mais part un peu dans tous les sens sur le terrain fiscal, laisse de côté le problème de la fiscalité personnelle du chef d'entreprise ou des seuils sociaux, pourtant central dans les PME. L'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires est-elle de nature à favoriser l'emploi ? De nombreux secteurs connaissent des difficultés de recrutement. L'ANPE recense 500 000 offres d'emploi non satisfaites. Une enquête du Medef auprès des PME montre que leur difficulté principale sur le chemin de la croissance, c'est le recrutement. Pour ces entreprises, la libéralisation des heures supplémentaires est une excellente chose. Mais pour celles qui recrutent sans difficulté, exonérer les heures supplémentaires de charges et d'impôt revient à privilégier les insiders, les salariés en place. On s'intéresse plus au salaire de ceux qui ont un emploi qu'à l'emploi de ceux qui n'en ont pas. Que pensez-vous de la quasi-suppression des droits de succession ? Cette mesure à 5 milliards d'euros n'est pas cohérente avec la volonté de revaloriser le travail. Il faut au contraire maintenir la taxation des successions et réduire l'imposition du travail. Quant au bouclier fiscal à 50 %, pourquoi pas! A condition d'être conscient que c'est une usine à gaz pour ne pas supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui coûte deux fois en TVA non perçue ce qu'il rapporte. Les deux programmes comportent-ils des lacunes communes ?
Aucun des deux ne s'intéresse sérieusement à l'université ou à l'école. 100 000 jeunes quittent l'université sans diplôme et 100000 autres en sortent avec un diplôme qui ne permet pas de trouver un emploi. C'est une proportion énorme, plus de 40 % des entrants à l'université. Qui dénonce ce massacre ? Qui parle du contenu de l'enseignement au collège et au lycée ? Qui aborde la question de l'évaluation des enseignants ou celle de l'organisation de la recherche ? Personne.
Voici l'interview donné par Dominique de Villepin le 12 janvier 2007 au journal Les Echos.
Il vous reste quatre mois à Matignon. Que comptez-vous faire ? Nous achevons le premier quinquennat de la Ve République. Nous devons travailler jusqu'au bout. C'est indispensable. Dans cette période d'accélération de la mondialisation, nous devons saisir toutes les occasions pour adapter notre pays et mener les réformes nécessaires. La France a tout à y gagner.
Ne risquez-vous pas de bloquer les députés au Parlement et de les gêner dans leur campagne électorale ? Nous avons pris des dispositions pour que ce ne soit pas le cas. Je comprends parfaitement les contraintes des députés : la session parlementaire s'achève fin février pour leur laisser le temps de faire campagne.
Au risque d'énerver Nicolas Sarkozy, vous répétez que le débat doit s'enrichir et que l'attente des électeurs n'est pas encore satisfaite. Sur quels enjeux la campagne présidentielle doit-elle porter ? J'ai l'ambition de faire gagner notre famille politique. C'est pour cela que je me bats. C'est pour cela que je fais des propositions. Le grand défi, aujourd'hui, ce sont les difficultés que rencontrent certains Français dans leur vie quotidienne, leur crainte de déclassement : on le voit sur la question du logement. Quelle est la bonne réponse ? Certainement pas l'augmentation des impôts et l'assistance à tout va que propose la gauche. N'est-ce pas ce que vous avez fait avec les Don Quichotte ? Pas du tout ! Notre politique du logement représente, depuis quatre ans, un effort sans précédent. Nous n'avons pas brandi une baguette magique : si nous avons pu annoncer des mesures fortes, en particulier le droit opposable au logement, c'est grâce à la dynamique de mises en chantier et de constructions engagée par Jean-Louis Borloo depuis des années. La réponse compassionnelle ne suffit pas. Il faut aller plus loin, définir une vision à cinq ans. La France est confrontée à deux défis majeurs immédiats et à deux défis de plus long terme.
C'est-à-dire ? Il faut d'abord améliorer la compétitivité de nos entreprises. En France, seules 10.000 entreprises sur 2,6 millions ont de vraies stratégies d'exportation : pour rattraper notre retard, il en faut trois fois plus dans cinq ans. L'Etat doit être le fer de lance de l'innovation dans des secteurs comme ceux de la santé, de l'équipement médical, des biotechnologies. Le rapprochement des entreprises avec les centres de recherche, les universités et les grandes écoles doit être poursuivi sur le modèle des pôles de compétitivité. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi un environnement fiscal et administratif plus simple et plus stable. Le président de la République a pris l'exemple de l'impôt sur les sociétés dont le taux devrait passer de 33 % à 20 % au cours des cinq prochaines années. Ce serait une très bonne chose. Par ailleurs, une soixantaine de taxes pèsent aujourd'hui sur les entreprises, il faut diviser leur nombre par deux d'ici à cinq ans.
Il y a un an, vous disiez que la priorité devait être de rétablir l'équilibre des finances publiques, en arrêtant les baisses d'impôts. Vous avez changé de priorité ? Je dis simplement que redonner du dynamisme à nos entreprises permettra de créer de la richesse, donc de la recette fiscale, qui compensera le coût de la baisse de l'impôt sur les sociétés. Il y a un équilibre à trouver. La richesse des entreprises fait la richesse des Français et de l'Etat, ne l'oublions pas. Je voudrais en venir au deuxième défi majeur, l'emploi. En juin 2007, le chômage sera retombé à 8,2 %, son plus bas niveau depuis un quart de siècle. La prochaine frontière d'ici à cinq ans, ce sont les 6 %. Nous n'y arriverons pas sans de nouvelles initiatives. Je vois plusieurs pistes. La première, c'est la fusion entre l'ANPE et l'Unedic proposée par le président de la République. Nous l'avons rendue possible en rapprochant les guichets et les personnels. La deuxième piste, c'est une flexi-sécurité à la française, sur le modèle du contrat nouvelles embauches. Peut-on améliorer le CNE, qui a permis de créer des milliers d'emplois ? Peut-on l'élargir ? Je le crois, dans une large concertation avec les partenaires sociaux. La réponse au chômage est dans le pragmatisme, pas dans l'idéologie. La troisième réforme à engager est celle des allocations chômage. Elles doivent être plus justes : peut-on accepter que près de deux jeunes chômeurs sur trois ne soient pas indemnisés ? Que beaucoup de femmes en situation de précarité en soient écartées ? Non. Mais les allocations doivent aussi être plus incitatives à la reprise d'un travail, ce qui suppose un meilleur plafonnement et un meilleur contrôle. Je souhaite enfin que nous cassions la dualité du marché du travail. Car que voyons-nous ? D'un côté, des emplois stables, bien rémunérés, qualifiés. Et, de l'autre, des emplois instables, mal rémunérés, peu qualifiés. La clef pour sortir de cette situation, c'est la formation. Je propose une année de formation gratuite pour ceux qui ont une faible qualification. Faut-il accorder une allocation autonomie aux jeunes défavorisés, comme vient de le préconiser le Centre d'analyse stratégique ? Le Centre propose deux choses : une dotation dès le plus jeune âge pour les jeunes les plus défavorisés, pour démarrer dans la vie avec un capital. Et un système de bourses et de prêts beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus généreux pour financer les études des jeunes de plus de dix-huit ans. Je suis très favorable à ces propositions, qui prolongent les mesures que j'ai prises pour l'égalité des chances. Les jeunes ont été les perdants des trente dernières années. Donnons-leur les moyens de voir l'avenir avec confiance.
Comment analysez-vous votre échec sur le CPE ? C'était sans doute prématuré. Mais où sont aujourd'hui les solutions au chômage des jeunes ?
Le contrat de travail unique est-il une solution pour assouplir le marché du travail ? Simplifier les contrats de travail, c'est une bonne orientation. Mais il faut tenir compte aussi de la diversité des différents secteurs. Une fois encore, soyons pragmatiques. Après l'élection, faudra-t-il agir vite, en cent jours par exemple, ou avancer prudemment, par expérimentation ? Les deux. Il faut des résultats rapides pour crédibiliser l'action, mais, dans des domaines sensibles, il est sage d'agir par l'expérimentation. Je voudrais en venir aux deux défis de long terme que nous avons à relever. Le premier est celui du désendettement. En 2006, nous avons réussi avec Thierry Breton à diminuer le poids de l'endettement. Cette action sera poursuivie en 2007. Nous pouvons équilibrer les finances publiques à la fin de la décennie. L'enjeu, je le répète, est essentiel. Il s'agit de retrouver des marges de manoeuvre afin d'offrir aux Français des services publics plus performants : est-ce qu'on préfère moderniser les urgences hospitalières et les universités pour répondre aux besoins des Français, ou payer les intérêts de la dette ? Il y a un choix à faire.
Votre objectif pour l'équilibre des finances publiques, c'est 2010. Le reporter à 2012, comme le préconise l'UMP, vous semble-t-il impardonnable ? Il est important de garder ce cap, car une fois qu'on ouvre une brèche, on sait ce qui arrive...
L'autre défi, ce sont les retraites. La réforme de 2003 a remis le système sur de bons rails, mais les problèmes ne sont pas tous réglés. Si nous voulons garantir la pérennité des retraites, soyons clairs avec les Français : il faudra travailler plus longtemps, pour rejoindre l'ensemble des grands pays européens. Nous devons aussi améliorer la lisibilité de notre système : chacun doit savoir précisément combien il va toucher. Enfin, il faut plus de justice et d'égalité. Le rendez-vous de 2008 devra être l'occasion d'aborder, au cas par cas et dans la concertation, la question des régimes spéciaux. Certains métiers qui étaient pénibles autrefois ne le sont plus, d'autres le sont devenus et ne sont pas assez compensés. De ce point de vue, je regrette que la négociation entre les partenaires sociaux sur les métiers pénibles n'ait pas abouti. Pour avancer, je constituerai dans les prochaines semaines la Commission de revalorisation des pensions prévue par la loi de 2003.
François Hollande juge inévitable une hausse de la CSG au lendemain des élections. Et vous ? Non, l'alourdissement des prélèvements sociaux et fiscaux n'est pas la réponse aux problèmes des Français. Le rendez-vous de 2008 ne sera pas une simple clause de revoyure. Les paramètres des régimes devront être réévalués.
Il faudra donc demander plus d'efforts aux Français au cours du prochain quinquennat ? Il s'agit surtout de mobiliser aujourd'hui toutes les énergies qui sont disponibles et qui ne demandent qu'à s'exprimer. L'allongement de la durée de vie change la donne de nos sociétés modernes : ce sera l'un des grands enjeux des années à venir que de faire de la pédagogie sur le rôle et la valeur du travail dans notre société. Le projet de l'UMP est-il à la hauteur des enjeux que vous dessinez ? Le projet de l'UMP est un bon projet. Il tranche sur les propositions frileuses et datées du Parti socialiste. A nous désormais de l'enrichir pour gagner en 2007. Dans ce qui restera de votre passage à Matignon figure le patriotisme économique. S'agit-il d'un interventionnisme conjoncturel ou d'une politique durable ? Avec le patriotisme économique, j'ai dit non au fatalisme. Des entreprises, ce sont d'abord des hommes et des femmes, des traditions, des produits et des innovations à valoriser. Dans mon esprit, il n'est évidemment pas question de construire une ligne Maginot ou d'oublier l'Europe. La France et l'Europe doivent défendre leurs intérêts, rassembler leurs forces comme le font tous les autres grands blocs économiques. Affirmer une volonté politique, c'est être fidèle à l'héritage gaulliste.
On ne peut pas dire que votre politique ait été couronnée de succès. Arcelor est passé aux mains de Mittal... Mais nous avons obtenu des garanties sur la localisation des activités et sur les intérêts des salariés : c'est l'essentiel.
Croyez-vous encore à la fusion Suez-Gaz de France ? Oui. Ce projet industriel a toute sa cohérence. Il est utile pour les salariés, intéressant pour les Français, nécessaire pour notre pays.
L'administration Bush avait vendu la guerre en Irak au peuple américain sur les braises encore chaudes du 11/09. Le terrain était favorable pour un grand dessein guerrier aux contours indéfinis. La guerre devait apporter une solution définitive pour arriver à trois résultats : assurer la sécurité des Etats-Unis, renforcer la stabilité régionale au Moyen-Orient et faire entrer l'état de droit au Moyen Orient.
Trois ans après le début de la guerre, quelques jours après l'assassinat de Saddam et à l'heure du 3000e soldat américain mort sur le champ de bataille irakien, les comptes sont bien déséquilibrés.
La sécurité des Etats-Unis est toujours menacée. La guerre d'Irak faite pour de mauvaises raisons n'a pas éradiqué les sources de tensions. Al Qaïda est le seul auteur du 11 septembre et Al Qaïda est toujours active. L'Irak n'ayant aucun lien avec l'organisation islamiste, l'invasion de l'Irak n'a été tactiquement qu'une erreur de cible. Au contraire, après cette guerre d'Irak toujours plus d'arabes éprouvent une colère et un ressentiment croissants contre les Américains. Les Etats-Unis, loin d'apparaître comme des libérateurs sont considérés comme des envahisseurs par une population exsangue.
La stabilité régionale est le grand fait inaccompli de la politique étrangère américaine. Le projet était ambitieux : celui d'un grand Moyen Orient pacifié, harmonieusement soudé par une conversion à la démocratie et l'ouverture sur le monde occidentalo-américain. Le résultat est accablant. Au contraire l'opération irakienne déséquilibre toute la région, ayant importé le chaos dans l'ancienne Mésopotamie, attisant la guerre civile et opposant les factions à la solde des puissants voisins. Les dictatures syrienne et iranienne se réjouissent du nouveau désordre. Elles sont mêmes sollicitées pour ramener l'ordre. Elles jouissent aujourd'hui paisiblement de leur liberté nouvelle pour mener leurs programmes respectifs nucléaires ou sur le territoire libanais.
Enfin, que sont devenus l'état de droit, la démocratie vantée par les Etats-Unis, le remplacement du régime baasiste dictatorial par un régime serein et équilibré ? L'exécution de Saddam a montré toute l'ampleur de l'échec. Dans cette exécution que de lacunes impardonnables ! Ni justice impartiale, ni procédures écrites et respectées. Le procès rondement mené a débouché sur une exécution politique, symbole du nouveau rapport de force entre les minorités !
Personne ne regrette Saddam. Mais combien peut-on regretter la spirale de l'échec des Etats-Unis. Qu'y voir si ce n'est de le cynisme d'une élite et l'aveuglement du peuple américain prompt à plonger dans le mensonge d'Etat. Dans ce concert fracassant,
A mon avis, ON NE PEUT PAS fonder un raisonnement POLITIQUE sur le nombre d'euros qu'on donne chaque année à la collectivité. Ca ne devrait pas être un motif de passer à droite. La question politique ne peut pas être réduite à une question d'impôt.
Le raisonnement politique se doit d'être beaucoup plus large. Le vote sera déterminé par l'idée du rapport de l'individu à la collectivité, l'idée de la façon de gouverner l'économie, le rapport de l'individu à l'autorité, le rapport des individus entre eux, le rapport de son pays aux autres nations. Tout ça se traduit par des lignes de clivage qui sont très nombreuses : les libertés individuelles, la famille, l'autorité, la liberté d'entreprise, la solidarité, la représentation démocratique (ou pas), la protection sociale, les impôts, la solidarité internationale, etc... La question des impôts est un détail de la question politique.
Et puis, l'impôt est il foncièrement mauvais ? Est-ce qu'il n'est pas sain qu'une partie de l'argent des individus aille directement là où il y en a besoin : vers les plus pauvres. Pour cela l'impôt doit obéir à deux conditions : que le montant de l'impôt soit raisonnable et supportable par le contribuable; et que le résultat de l'impôt soit l'objet d'une bonne gestion publique : d'un suivi, d'une évaluation, d'un contrôle, etc., que les pouvoirs publics donnent une vraie utilité à l'argent public.
Personnellement, je ne donne pas aux associations caritatives. Souvent pour trois raisons : parce que je ne veux pas priviliger un malheur par rapport à un autre, parce que je ne veux pas répondre au racolage des associations humanitaires, et parce que je n'ai pas confiance dans leur travail. Eh bien je suis très heureux que l'Etat fasse ce travail là, parce qu'il est le plus habilité à le faire. Ca fait partie de ses missions de base : qu'il s'occupe des SDF, des femmes divorcées avec enfants, de l'ouvrier de Roubaix qui a perdu son job etc. Si mes impôts peuvent servir à ça, j'en suis heureux. C'est la solidarité de base !
Je crois à la vertu d'un Etat qui redistributeur.
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