Egalité des chances

Lundi 9 octobre 2006

La reconnaissance de la diversité doit permettre de donner à nouveau du sens à la France du XXIe siècle

Si la République ne doit pas reconnaître les communautés, elle ne doit pas pour autant abandonner le dialogue à la société civile. Pour le faire fructifier, elle doit l’orchestrer.

Proposition 1 : Créer un haut conseil de la diversité auprès du Président de la République , composé des représentants de la diversité ethnique, religieuse et culturelle, organisé sur le modèle du Conseil Economique et Social.

Proposition 2 : Instaurer un service civil ou militaire obligatoire de deux mois pour tous les jeunes Français.

L’inéquité sociale du système éducatif doit être corrigée pour un égal accès à une éducation citoyenne et professionnalisante 

Les défis du système éducatif peuvent être relevés en mobilisant les volontés et en actionnant des dispositifs simples.

Proposition 3 : Promouvoir et récompenser le tutorat et l’accompagnement personnalisé des élèves de l’enseignement secondaire par des élèves d’université ou de grandes écoles dans le cadre d’un programme public de tutorat.

Proposition 4 : Garantir l’accès aux classes préparatoires ou à l’université d’un pourcentage minimum prédéfini des meilleurs élèves de chaque lycée sans considération de la situation géographique ou de la réputation du lycée d’origine.

Proposition 5 : Affecter prioritairement la taxe d’apprentissage aux centres de formation d’apprentis installés dans les ZEP.

Les mécanismes de lutte contre les discriminations dans le monde du travail doivent être renforcés

Face à la discrimination à l’embauche ou dans le milieu de travail, au-delà de la charte de la diversité en entreprise ou du curriculum vitae anonyme, les dispositifs existants peuvent être encore renforcés.

Proposition 6 : Introduire dans le code pénal un délit de harcèlement discriminatoire précisant les dispositions existantes sur le harcèlement moral (article 222-33-2 du code pénal).

Proposition 7 : Doter le numéro vert contre les discriminations raciales, le « 114 », de moyens de lutte contre la discrimination au travail en le liant avec les services d’instruction des Prud’homme.

La politique d’intégration doit être relayée par des actions de communication à destination des publics discriminés et des jeunes

Proposition 8 : Engager des actions de communication mettant en avant des parcours exemplaires par une présentation des « Zidanes » de l’audiovisuel, de l’entreprise, du monde associatif.

Proposition 9 : Créer des postes de délégués interministériels aux problématiques de certaines minorités (Par exemple, les GLBT - Gay, lesbiennes, Bi, Trans) au ministère délégué à l’égalité des chances.

Proposition 10 : Distribuer à tous les élèves des collèges et lycées de France en début d’année un magazine du savoir vivre ensemble.

Par Avenue de la République
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Lundi 9 octobre 2006

Les Français adressent trois types de demandes à leurs élus et aux pouvoirs publics.

L’identité française doit être redéfinie. La mutation de l’identité française ne doit pas être passée sous silence. Les Français demandent un accompagnement dans cette mutation. Le sentiment de l’appartenance à un corps unique qu’est la Nation doit être recomposé. Ne souhaitant ni un repli sur des communautés, ni une négation des identités, les Français attendent des responsables politiques l’élaboration d’une dialectique de la diversité.

Les mêmes chances doivent être données à tous les citoyens. Pour faire fonctionner le système d’intégration, les Français jugent dans leur majorité que les discriminations (religieuses, ethniques, linguistiques, sexuelles,…) doivent être combattues. La forme de cette lutte ne doit pas être une politique de discrimination positive fondée sur une méthode de quotas. Les Français craignent autant un nivellement par le bas, qu’un gâchis de moyens ou qu’une affiliation déterministe à un groupe que l’individu n’aurait pas choisi. Ils demandent plutôt un renouvellement du système d’intégration fondé sur l’exercice des responsabilités des individus. Pour l’animer, les pouvoirs publics doivent mettre en place des mécanismes répressifs contre les discriminateurs, et des mécanismes incitatifs pour corriger le déséquilibre des chances et servir de tremplins aux individus discriminés.

L’action de l’Etat doit cibler les publics en difficulté. La communication sur le sujet est au moins aussi importante que le traitement au fond, un discours pouvant être en soi discriminant. Aussi les pouvoirs publics ont-ils la responsabilité d’adopter le discours approprié, ciblé sur les publics qui subissent les discriminations afin d’en modifier les représentations.

Pour ces raisons, la question de l’égalité des chances doit être appréhendée dans une perspective large au profit d’une vision d’avenir du modèle d’intégration français.

 

 

 

Par Avenue de la République
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Lundi 9 octobre 2006

Il y a près d’un an, en novembre 2005, les violences urbaines ont mis en lumière les risques inhérents à la marginalisation durable d’une partie de la population française. De nombreuses réponses ont été apportées par les pouvoirs publics dans la loi du 9 mars 2006 relative à l’égalité des chances[1]. Cependant, malgré les progrès réalisés, la question de la cohésion nationale constitue un enjeu structurel de la France du début du XXIe siècle qui se nourrit d’une triple crise.

-        Une crise de sens. L’identité française a connu depuis trente ans la mutation la plus phénoménale de toute son histoire. D’une société homogène dans ses dimensions ethnique, religieuse et culturelle, elle devient une société cosmopolite. Alors que cette mutation s’opère dans l’affrontement, la France subit aujourd’hui sa diversité davantage qu’elle ne la maîtrise. Souvent sous la forme du conflit, le dialogue des différences se fait dans la rue.

-        Une crise de moyens. Le principe d’égalité constitue l’une des promesses les plus fortes du modèle social républicain. Mais aussi l’une des plus ambitieuses. Dans le domaine de l’éducation, l’effort consenti par le système éducatif français dans les quartiers sensibles est considérable. Pour autant, il convient de souligner l’inéquité sociale persistante devant l’accès aux formations sélectives et professionnalisantes[2] qui peut être attribuée à un déficit d’information, une autocensure sur la capacité supposée à intégrer ces formations, et des moyens insuffisants pour préparer l’accès à ces formations. Dans le monde du travail, la discrimination à l’embauche ou dans le milieu de travail demeure également une distorsion profonde du marché du travail. Dans ces domaines, le modèle français ne parvient pas encore à faire de l’éducation et du travail de véritables leviers d’intégration.

-        Une crise de confiance. Une partie de la jeunesse ne fait plus des institutions, notamment du système d’enseignement, des partenaires pour la réussite individuelle. Elle ne se vit que dans le conflit avec des institutions qui ne parviennent pas à rétablir la confiance.

Ces crises ne sont pas passagères. Elles continueront de mettre à l’épreuve notre pacte républicain dans un contexte où les flux migratoires s’accentuent, les inégalités persistent, et l’anxiété sociale augmente.


 

[1]  Elles ont visé à favoriser l’emploi des jeunes résidant dans les zones urbaines sensibles, lutter contre les discriminations, aider les parents à exercer leur autorité parentale, renforcer les pouvoirs des maires face aux incivilités, créer un service civil volontaire. [2] Valérie Albouy et Thomas Wanecq, Les inégalités sociales d’accès aux grandes écoles, in Economie et Statistique, n°361, juin 2003 : employés et ouvriers (comprenant de nombreux fils ou filles d’immigrés), qui représentent 60% de la population, ne représentent que moins de 6% des élèves de grandes écoles.

Par Avenue de la République
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